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Extrait du journal de Cynthia Summers

07 déc

15/02/2010 – 4 heures du matin

Néons fluorescents, musique trop forte, drogues, rires. Extase, pleurs, cris, chants, amour. Débauche, ennui profond. C’est en quelques mots un résumé assez complet de ce que j’ai vu cette nuit. Vu, entendu, et non pas vécu, comme l’aurait sans doute voulu Artémis. Car ouais, débarquer dans une des boites de nuit les plus fréquentées de Los Angeles, c’était un plan à elle. Je l’y ai pas vue pour autant… Possible qu’elle y était, de toutes façons je sais pas à quoi elle ressemble. Je sais plus si j’en ai envie…

Arrivée à 23h, à l’adresse indiquée. Aucune idée de ce que c’était à cet endroit. L’avait exigé que je me fringue de manière convenable pour la mission. « Pas ton treillis, et évite les grolles de marche », avait précisé la chouette. La décadence était déjà visible de l’extérieur ; la sono hurlait ses ondes dégueulasses à l’extérieur, et impossible de respirer de l’air juste pollué, sans ajout superflu de tabac. Détaillé la foule, cherché des traces de surnaturel ou de mythique, rien trouvé. Le videur m’a laissée passer, malgré mes vêtements en jeans et mes baskets. Y’a sûrement un rapport avec ma réaction quand il m’a dit que c’était pas possible : j’ai été très gênée, mal à l’aise, d’autant qu’il me regardait pas dans les yeux. J’ai bredouillé un truc, je me souviens même plus quoi tellement j’étais mal. Il a changé d’avis tout de suite et m’a laissée passer en m’appelant « la mignonne », puis a cru bon de me filer une tape sur les fesses dès que j’avais le dos tourné. Je pense qu’il a compris son erreur lors de mon regard à la fois assassin et incrédule, et qu’il a fait mine de s’intéresser aux drogués et autres dégénérés qui aspiraient à entrer.

Une fois à l’intérieur, cherché à esquiver les danseurs, à sauver la face en restant dans un coin. Plein de couples. J’étais plus ou moins la seule pas accompagnée. Des slows, des trucs qui bougent un peu plus, généralement des trucs récents et repompés de vieux hits. Commandé un cocktail au comptoir, du genre pas trop violent, faut garder la tête froide. Un truc à la fraise et à la pomme. Pas mauvais. Je scrutais la salle, mais c’était pas évident sans point de vue surélevé. Ai commandé à boire de temps en temps, en prenant du soft drink la plupart du temps. Faut pas dévier.

Au bout d’un moment, un mec m’aborde. Totalement superficiel, pas trop mal physiquement, probablement habitué de ce genre d’endroits. Je l’envoie bouler. Un autre arrive, style jeune cadre dynamique, avec une élocution de commercial. Je reste concentrée sur ma mission. Je surveille. Rien ne doit arriver de fâcheux. Tout doit se passer comme prévu. Il repart comme il est venu. Tous ceux qui m’abordent repartent de la boite en tenant une donzelle par l’épaule, je me fais pas de soucis pour eux. Pendant ce temps, l’heure tourne, et rien ne se passe. Rien, affreusement rien. On m’offre un verre. J’accepte, mais l’envoie chier quand il s’avise à poser sa main sur mon épaule. Il se casse.

L’heure tourne. Quasiment que des couples. Parfois des trios. On me fait des propositions indécentes, que j’ai la moitié du temps pas besoin de décliner verbalement. Rien ne se passe, toujours rien. Je finis par me demander pourquoi je suis là ; ou plutôt j’arrête de le faire. Saloperie d’Artémis. Saloperie de couples. Saloperie de Saint Valentin. Je crois que Sly me manque.

 
3 commentaires

Rédigé par Neit - Classé dans Scion

 
  1. .Odd.

    5 janvier 2011 à 17 h 12 min

    Tu devrais essayer de publier un livre… A moins que ce soit déjà fait.

    A part ça, je souhaitais contacter l’équipe de Neitsnes, mais je n’ai pas trouvé de rubrique de contact. Y en a-t-il une ?

     
  2. Neit

    23 janvier 2011 à 2 h 58 min

    Oh, désolé, je n’avais pas vu ce commentaire.

    Merci déjà, je suis touché. Pour le moment je m’entraine et je ne me juge pas publiable, mais peut-être que je devrais essayer de faire vraiment quelque chose… qui sait ?

    Quoi qu’il en soit, pour ce qui est de contacter l’équipe de Neitsnes… Hé bien, je suis là. Tu peux m’envoyer un mail à neit[at]free.fr et j’y répondrai.

     
  3. .Odd.

    24 janvier 2011 à 10 h 39 min

    Sans rapport avec le mail que je t’ai envoyé, les éditeurs te diront certainement ce que tu dois retoucher dans le texte, s’ils l’apprécient.

    Maintenant, il faut sauter le pas (ce que je n’ai pas encore fait malgré deux volumes d’une même saga déjà bouclés).

     

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