Je parle beaucoup de jeux de rôle sur table depuis le début, mais pas beaucoup de l’équivalent PC/Consoles appelé RPG.
Bien qu’il ne s’agisse pas du même genre de jeu, les supports étant trop différents, il existe des jeux tentant de se rapprocher de la liberté et de la richesse d’un jeu de rôle sur table. The Elder Scrolls : Morrowind, ou Morrowind tout court, est un de ces jeux où le défi est réussi, à peu de choses près.
Première étape : Création scénarisée du personnage
Comme dans un jeu de rôle sur table, vous allez jouer un personnage de votre choix, et il vous faut donc le créer.
Dans Morrowind, vous êtes un prisonnier de la légion impériale, déporté/libéré sur une île plus qu’inhospitalière : Vvarfendell, dans la province impériale de Morrowind. Et première chose que l’on vous demande avant de vous libérer : des informations vous concernant. Vous sont donc ainsi demandé votre nom, ce que vous faisiez auparavant, votre signe de naissance, etc…
L’étape du choix de la profession est soit automatique en répondant à un questionnaire (comme si vous demandiez conseil au MJ sur une table de jeu de rôle), soit en choisissant une des professions toutes faites, soit en créant la vôtre. Cela donne, avec les différences races humanoïdes, des possibilités très nombreuses, d’autant plus que vous pouvez personnaliser un peu à quoi ressemble votre personnage.
Deuxième étape, le système de jeu
Le jeu est joué soit à la 1ère soit à la 3ème personne. C’est à dire que soit vous voyez votre personnage à l’écran, comme si la « caméra » qui suivait l’action était derrière lui, soit vous voyez comme depuis les yeux de votre personnage, ce qui est plus immersif.
Votre personnage a des caractéristiques qui bougeront très peu, car elles représentent les capacités physiques, sociales et intellectuelles de votre personnage. Les compétences représentent ce qu’il a appris à faire, et ne peuvent dépasser la valeur de la caractéristique à laquelle elles sont associées, par contre elles progresseront assez vite au départ. Chaque action entraîne sans que cela soit visible des jets, pour déterminer le résultat.
Ainsi, quand vous attaquez un rat à l’épée, vous le raterez beaucoup si votre compétence de mêlée est faible. Les ennemis sont également soumis à ce système, et leurs attaques peuvent vous rater si vous êtes bon en esquive. Cela rappelle beaucoup le fonctionnement des actions et des combats en jeu de rôle sur table.
Troisième étape : le monde, l’histoire, les quêtes
Ce qui rapproche encore plus Morrowind des jeux de rôle sur table, c’est l’immense liberté d’action.
Il y a de base tellement de choses à faire qu’un joueur débutant ne saura pas quelles choses sont utiles pour le faire avancer le long de l’histoire du jeu, et celles qui ne sont utiles que pour le personnage, sans avoir aucune incidence sur la trame principale.
De même, on peut être vil et cruel comme bon et juste, le jeu ne vous poussera pas dans un sens ou dans l’autre, mais il faudra toujours assumer les conséquences de vos actes.
Et en plus, c’est extensible…
Rien que ça, c’était déjà très très bien. Mais le jeu est vieux, et a donc profité de deux extensions, et surtout, de par son moteur acceptant les mods, ces modifications et ajouts au jeu faites par des fans et amateurs, le monde peut-être considérablement étoffé !
Si le joueur débutant peut être perdu dans le jeu de base, ajoutez-y de nombreux mods ajoutant des tas de nouvelles choses à faire, de nouveaux lieux, sans oublier ceux améliorant le moteur : modification des textures, des objets, des modèles 3d, des effets de lumière et de transparence… et vous aurez une petite idée du potentiel incroyable de ce jeu pourtant sorti en … 2002, soit il y a 8 ans !
Son successeur, Oblivion, orienté pour les joueurs occasionnels, souffre de désavantages en terme de gameplay et d’un si grand vide dans l’univers, que même plus beau et enrichi de beaucoup de mods, il a au final bien moins conquis les fans des épisodes précédents… Et Morrowind, bien personnalisé, peut-être au moins aussi beau…